Surdité et langue des signes

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Surdité et langue des signes : analyseurs politiques, philosophiques et sociolinguistiques. Donner corps aux archives

 

Certains travaux cherchent à déconstruire les discours dominants (institutionnels, scientifiques, professionnels) sur la surdité et la langue des signes (LSF) et à souligner le point de vue des sourds. 

D’autres questionnent les sources matérielles sur lesquelles se construisent les savoirs sur les sourds et les langues des signes et constatent qu’une grande partie des archives mobilisées par la recherche proviennent de sources issues majoritairement des bibliothèques, et textuelles. Ils soulignent que, pour faire émerger le point de vue des sourds, la première condition serait de les « entendre » ; qu’il conviendrait alors de s’intéresser aux productions culturelles, historiques, politiques, sourdes qui se trouvent aussi en dehors des bibliothèques (par exemple : dans les archives familiales, personnelles, associatives), dans des des formats variées (photos, vidéos, dessins) et, surtout, qui sont exprimées dans une langue visuo-gestuelle sans équivalent textuel. 

 

La transformation technologique a favorisé le développement des archives audiovisuelles et la possibilité d’enregistrer la LSF des sourds et la diffusion des archives en LSF a augmenté avec le développement de l’internet et des réseaux sociaux. Les projets de valorisation et diffusion d’archives menés par des institutions spécialisées (INA, BnF) ; la mise en ligne des archives de l’émission L’Œil et la main ; le travail laborieux des passionnés du patrimoine sourd, entre autres ont, dans ce cadre, contribué à la mise à disposition du public d’un certain nombre de documents. Ces sources témoignent d’une grande richesse de la vie culturelle, politique et artistique sourde mais restent très peu exploitées par la recherche. Diverses raisons peuvent l’expliquer : les archives visuelles sont peu valorisées par la recherche elle-même ; leur identification et diffusion reste limitée, y compris au sein de la communauté sourde elle-même ; des questions d’accessibilité linguistique et d’accessibilité aux archives elles-mêmes restent à régler. 

 

Comment les archives visuelles peuvent-elles être à la fois localisées, collectées, créées, répertoriées, conservées, valorisées et rendues accessibles ? Quelle place les archives sourdes occupent-elles dans la recherche en sciences sociales ? Le séminaires « Surdité et langue des signes : analyseurs politiques, philosophiques et sociolinguistiques. Donner corps aux archives » sera guidé par ces questions et par une réflexion sur la possibilité de leur « donner corps », que ce soit à travers les pratiques artistiques contemporaines, ou par des formes d’écriture alternative pour faire les sciences sociales d’aujourd’hui. aura une double visée. Dans ce cadre, il aura une double visée : d’une part, avec les évolutions des techniques de conservation et de diffusion facilitées par la numérisation, il est aujourd’hui nécessaire de réfléchir au devenir archive du patrimoine visuel sourd. D’autre part, si on considère que les archives peuvent participer à une certaine forme de réparation symbolique, il faut explorer la manière dont l’exploitation des archives visuelles peut permettre une affirmation du point de vue sourd, jouer un rôle dans la construction d’une mémoire collective et représenter un moyen de réactiver le passé pour rendre visible l’histoire des sourds. 

 

Séminaire proposé par Andrea Benvenuto (EHESS, CEMS), Olivier Schetrit (CNRS, CEMS) et Barbara Fougère (jeune docteure, Université Paris 1 Panthéon-Sorbone)

 

Séminaire en français et en LSF

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